Les chinois désignent l’ensemble de leur patrimoine martial sous plusieurs dénominations génériques dont les plus
utilisés sont Guoshu (art national), Quanfa (technique de boxe) et surtout Wushu (art martial). Mais les occidentaux préfèrent le terme kung-fu.
La signification exacte du terme Wushu ? Le premier mot, wu a deux sens. Au sens large, il désigne l’ensemble des activités physiques, la recherche de la santé, de la longue vie c’est-à-dire tout
ce qui se rapporte au corps. Son second sens est plus restreint : il peut se traduire par action militaire et plus généralement par l’art du combat. Le second mot, Shu est rarement utilisé seul
et son sens est défini par les mots qui l’accompagnent. Ainsi, par exemple Ji shu veut dire (technique), yi shu (art) etc. L’expression Wushu qui désigne l’ensemble des arts martiaux chinois (du
nord et du sud) possède tous les sens et regroupe tous les styles de combat avec armes (lance, bâton, épée, sabre...) ou à mains nues, comme le Nanquan, le Changquan, le Taijiquan, le Qiqong
(travail du souffle), le San Shou ou le Sanda - forme de combat libre sportif réapparu en 1979 sous l’influence de l’Occident - combinant boxe pied poing à des techniques de lutte, le Shuai-jiao
(lutte chinoise) et le Shoubo nouvelle expression du combat libre combinant la lutte chinoise et la boxe poing pied, etc.
En Occident, pour désigner ces mêmes arts martiaux, nous employons improprement le terme kung-fu. Ce décalage au niveau de la terminologie s’explique aisément. En effet, le mot kung-fu se traduit
exactement, par le temps, l’aptitude, la virtuosité..., c’est-à-dire les qualités nécessaires à la pratique des arts martiaux chinois. Le temps, en particulier, est un élément précieux, car pour
développer sa technique et ses qualités physiques et mentales, il faut répéter sans cesse les mêmes mouvements. Voilà pourquoi les pratiquants du Sud de la Chine essentiellement ont peu à peu,
utilisé ce terme (kung-fu) pour désigner la pratique du Wushu.
L’engouement de l’Occident pour les arts martiaux chinois remonte à une vingtaine d’années. Les chinois qui ont popularisé le Wushu, par l’intermédiaire du cinéma de Hong Kong (et des films de
Bruce Lee) étaient surtout originaires des provinces du sud.
Il ont donc répandu les styles du sud et leur vocabulaire, et par conséquent le mot kung-fu.
Dans la civilisation chinoise, le Wushu tient une place essentielle, supérieure à celle des techniques de combat. En effet, en plus de l’aspect martial (apprentissage des techniques et tactiques
de combat), le Wushu regroupe d’autres disciplines majeures telles que la philosophie, la médecine, l’art...
Pour le combat, les techniques du wushu se divisent traditionnellement en deux familles: Quan Shu et Jiao shu. Le Quan Shu regroupe les techniques de frappe à longue distance et le Jiao Shu les
techniques de corps à corps.
La traduction littérale de Wushu est << l’art de s’opposer à la lance>> improprement traduit par << arts martiaux chinois>>. Sa première phase d’évolution remonterait à
2600 av J-C. Les historiens et sinologues le considèrent comme l’ancêtre de tous les arts martiaux d’Extrême Orient.
Jadis utilisé à des fins guerrières, le Wushu est actuellement un art de vivre, un épanouissement et une maîtrise de soi, un sport apprécié de tous et non plus un triomphe sur
autrui.